Sport Sans Frontières a rejoint le Groupe SOS
Jean-Marc Borello, Délégué général Groupe SOS / Président du directoire et Arnaud Mourot, Président / Fondateur de Sport Sans Frontières répondent à nos questions.
Quelles sont les raisons qui ont motivé Sport Sans Frontières à rejoindre le Groupe SOS ?
Réponse Arnaud Mourot :
Nous cherchions à nous adosser à un partenaire solide, professionnel, qui œuve dans le domaine social, et surtout avec qui nous partageons à la fois une vision commune concernant l’éducation des jeunes en difficultés et les mêmes valeurs.
L'intitulé du pôle que nous avons intégré (tout en gardant une totale indépendance) montre nos préoccupations communes : Protection de la jeunesse, Education et Formation.
L'implantation du Groupe SOS en France nous donne l'opportunité d'y développer plus fortement notre action, en particulier en direction des jeunes sous main de justice mais aussi dans le domaine de la sensibilisation auprès des publics de leurs centres et/ou de ceux de l'Education Nationale.
Il nous est donc apparu comme une évidence de nous rapprocher du Groupe SOS pour mettre en place des synergies et mutualiser nos moyens afin de soutenir et aider encore plus d’enfants.
Qu’apporte SSF au Groupe SOS ?
Réponse Jean-Marc Borello :
Le Groupe SOS met son professionnalisme et sa capacité d’innovation au service de la solidarité. De toutes les solidarités. A travers le commerce équitable, le Groupe SOS agit en faveur des populations du Sud afin de leur garantir une rémunération et des conditions de travail satisfaisantes. Avec Sport Sans Frontières, nous ajoutons une nouvelle dimension à nos actions en faveur de la solidarité internationale. En Afghanistan, en Bolivie, au Burundi, en Inde, au Kosovo, ou en Palestine, ils agissent auprès des populations les plus en difficulté : enfants des rues, réfugiés, victimes de la guerre, etc. Je suis persuadé du bien-fondé de cette démarche et, avec plus de 17 000 bénéficiaires par an, l’impact social n’est plus à démontrer.
Avec l’arrivée de Sport Sans Frontières, le Groupe SOS compte désormais 14 associations et 13 entreprises. Je tiens à rappeler que notre mode de développement permet à chaque association, chaque structure, de conserver l’autonomie nécessaire à son bon fonctionnement. De cette manière, nous sommes plus un banc de poissons qu’une baleine.
Si nous continuons à nous développer, c’est parce que la diversification de nos activités permet de gagner en professionnalisme. Construit autour de l’accès aux soins et de la lutte contre l’exclusion sociale, le Groupe SOS a ensuite investi le champ de l’éducation avant d’aller vers l’insertion par l’activité économique, puis le commerce équitable, le développement durable, et ainsi de suite. A chaque fois, c’est l’occasion de changer sa perception, d’apprendre de ce que fait l’autre, de s’enrichir à la fois humainement et professionnellement. Cela va donc dans le sens d’une amélioration continue de la qualité du service rendu.
Quelles synergies peut-on imaginer entre les activités de SSF et celles des autres associations et entreprises du Groupe SOS ?
Réponse JM.B et A.M :
JM.B : J’ai débuté ma carrière en tant qu’éducateur. J’ai travaillé avec des jeunes délinquants réputés “inassumables”. Ils sont souvent en perpétuelle opposition, contestent toute forme d’autorité et ne semblent s’intéresser à rien. Plus de trente ans plus tard, je suis toujours convaincu que personne n’est jamais au bout de son histoire. Encore faut-il savoir leur redonner confiance en l’avenir.
Aujourd’hui, en France, le Groupe SOS accompagne 4 700 enfants par an, à travers des activités d’accueil, de prévention, de protection et d’insertion. Nous nous adaptons aux problématiques de chaque enfant et offrons un soutien à toutes les étapes de la vie (de 0 à 21 ans) et une prise en charge globale : dimensions sociale, éducative, sanitaire et psychologique.
Qu’ils soient en situation de délinquance, de grande précarité, en danger, traumatisé par la guerre ou vivant dans la rue, la problématique générale est la même : ces jeunes ont besoin d’être stimulés. Musique, dessin, danse… On doit leur donner les moyens de s’investir à fond dans un projet, quel qu’il soit. Le savoir-faire de Sport Sans Frontières dans l’utilisation du sport comme outil éducatif et thérapeutique permettra de nombreuses synergies avec nos équipes éducatives.
Et si le sport peut permettre comme en Afghanistan à des femmes de se réapproprier leur corps, il peut sûrement aider des personnes en situation de grande précarité ou souffrant d’une pathologie grave en France. Cela constitue donc un outil supplémentaire à la réponse globale que nous apportons dans la lutte contre l’exclusion, toutes les exclusions.
A.M : Elles sont d’ordres opérationnels et techniques. Nous pouvons échanger sur nos expériences réciproques concernant nos interventions dans les CER (Centre d’Education Renforcé). Il existe également des échanges de siège à siège, sur des métiers comme la comptabilité, la mise en commun de nos réseaux et de nos relations pour la mise en place de partenariats et d’événements…
Quelles sont les projets de SSF pour l’avenir ?
Réponse A.M :
Dans un futur très proche, nous devrions intervenir en Haïti dans les camps de rescapés. Après l’urgence, il faut penser à la reconstruction à la fois physique et psychologique des haïtiens.
En France, nous souhaitons lancer un tout nouveau concept, celui de salles de sports solidaires, sous forme de Social Business. Ce sont dans les deux cas des projets qui auront un impact bénéfique sur les enfants et les jeunes en difficultés. Vous le constatez, ces projets ambitieux illustrent bien l’importance de faire partie d’un groupe solide qui partage nos valeurs comme le Groupe SOS.
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